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Comment j’ai inventé un casque qui explore les vies alternatives

Comment j’ai inventé un casque qui explore les vies alternatives : ce qui se passe quand une autrice commence à lire des articles sur les neurosciences à minuit…

Réponse courte : de partout et de nulle part à la fois.

Réponse longue : c’est ce que je vais vous raconter ici. Parce que le making-of du casque est aussi, quelque part, le making-of de ce roman entier.

Tout commence par une question impossible

Avant d’avoir un casque, avant d’avoir la start-up, avant même d’avoir Malorine, j’avais une question. Simple et universelle. « Et si… ? »

Cette question, je la connaissais bien. Je crois que tout le monde la connaît.

Et ce qui m’intéressait, en tant qu’autrice, c’était d’en faire une expérience narrative. Pas juste d’en parler. De la faire vivre au lecteur. Et pour ça, il me fallait un dispositif. Un mécanisme concret qui permette à mon personnage de ne pas juste imaginer ses vies alternatives, mais de les explorer.

Le casque s’est imposé assez naturellement. Mais encore fallait-il lui donner une forme, une crédibilité, une chair et surtout, une histoire.

Les recherches

Je ne suis pas scientifique, mais écrire un roman avec un dispositif neurotechnologique au cœur du récit m’a obligée à faire quelque chose que je n’avais jamais vraiment fait pour mes romans précédents : de la recherche scientifique, beaucoup.

Je n’ai pas voulu copier la réalité, je n’aurais pas pu, et ce n’était pas l’objectif. Mais me documenter m’a permis de comprendre dans quel espace de plausibilité je me situais avec mon casque.

L’invention de la start-up

Un casque seul, ça ne suffit pas. Il fallait une entreprise derrière, un contexte, une certaine légitimité fictive.

C’est comme ça qu’est née ALTIV, la société qui développe et commercialise NÉOMIRE. J’ai voulu qu’elle ressemble aux startups technologiques qu’on connaît aujourd’hui : un nom court et moderne. Le genre d’entreprise qui pourrait tout à fait exister dans dix ans, et dont on débattrait férocement de l’éthique.

Mais la start-up a aussi une dimension thérapeutique, qui me tenait à cœur. Dans l’univers du roman, le casque est utilisé au-delà du développement personnel : des patients atteints de maladies dégénératives peuvent raviver des souvenirs ou redécouvrir des expériences cognitives et des patients en fin de vie peuvent réaliser leurs derniers souhaits, apaiser leurs regrets, trouver un sens à leurs derniers instants. Cette dimension-là, je ne l’ai pas mise en avant dans le roman, mais elle existe dans l’arrière-plan (mes notes).

NÉOMIRE : pourquoi ce nom ?

Petite confidence : trouver le nom du casque m’a pris plus de temps que je ne veux l’admettre. Je voulais quelque chose qui sonne à la fois scientifique et accessible. Pas trop froid ni trop clinique. Quelque chose qui évoque l’exploration, la mémoire et les possibles. Et après plusieurs choix qui ressemblaient soit à des noms de médicaments soit à des noms de parfums (les deux sont proches, finalement), NÉOMIRE s’est imposé.

Néo pour le nouveau.

Mire pour la direction.

Bref, je me suis dit que si ça sonnait bien à voix haute et que ça ne faisait pas penser à un anti-douleur, c’était bon signe.

NÉOMIRE : extraits de la fiche technique (version autrice)

Voilà comment j’ai imaginé et décrit le casque dans mes notes de travail, avant même d’écrire la première scène du roman :

Physiquement, le casque est compact, épuré, futuriste. À l’intérieur, des électrodes et micro-capteurs surveillent en temps réel les fonctions biologiques : rythme cardiaque, activité cérébrale, etc.

Technologiquement, le casque fonctionne via une interface cerveau-machine : il capte les ondes cérébrales de l’utilisateur et les synchronise avec des programmes basés sur la mémoire, l’imagination, les désirs, et l’intelligence artificielle.

Sensoriellement, le cerveau est « trompé » via des micro-stimulations.

Enfin, un système de sécurité interrompt immédiatement la session en cas de stress ou d’anomalie, parce que ALTIV a quand même pensé à se protéger juridiquement, comme toute bonne startup ! 😉

Pour finir…

Et surtout, j’ai adoré ça. Construire un dispositif, lui donner une logique, imaginer ses forces et ses faiblesses…

Bref, au bout du 4e roman, j’ai trouvée ma voix.

Si vous n’avez pas encore rencontré Malorine et son casque :