Quand les gens entendent roman « science-fiction », ils imaginent généralement des vaisseaux spatiaux, des robots, ou une dystopie post-apocalyptique. Ce n’est pas ce que j’écris. Ce n’est pas ce que j’ai eu envie d’écrire.
Et pourtant, depuis la sortie de Ce que l’on oublie de vivre, un mot revient régulièrement dans les retours et dans ma façon de présenter le roman : science-fiction douce. Ou soft SF, pour les anglophones.
Il m’a fallu quatre romans pour comprendre que c’est exactement là que je me trouve. Je vous explique ce que c’est, et pourquoi je crois bien que je ne vais plus m’en éloigner.
D’abord, c’est quoi la science-fiction « dure » ?
Pour comprendre la nuance, il faut commencer par le contraire.
La science-fiction dite « dure » (hard SF) est ancrée dans la rigueur scientifique et technique. Les auteurs y décrivent des technologies extrapolées, soignent la plausibilité des systèmes, des lois physiques et des mécanismes. Ce sont des œuvres passionnantes qui demandent souvent une vraie appétence pour la science et l’ingénierie. Et elles placent la technologie au centre du récit.
Je n’écris pas ça. Je ne suis pas physicienne. J’aurais du mal à vous expliquer en détail comment fonctionne le casque NÉOMIRE de Ce que l’on oublie de vivre au niveau neuronal.
Alors, la soft science-fiction, c’est quoi ?
La soft science-fiction, c’est de la SF qui déplace le centre de gravité : au lieu de mettre la technologie au premier plan, elle la place en arrière-plan (comme un décor, un prétexte, un outil narratif) et met l’humain au cœur du récit.
Les questions qu’elle pose ne sont pas « comment ça marche ? » mais « qu’est-ce que ça fait à ceux qui le vivent ? »
Elle s’intéresse aux humains plutôt qu’aux sciences exactes. Elle explore ce qu’une technologie (réelle ou imaginaire) change à nos relations, à notre identité, à notre propre vie. La SF douce peut donc se permettre d’être plus floue sur les mécanismes que la SF dure.
Ce que j’ai découvert en écrivant Ce que l’on oublie de vivre
Je vais vous dire quelque chose que j’aurais du mal à admettre sans rire un peu de moi-même : c’est en écrivant mon quatrième roman que j’ai vraiment compris ce que j’aimais écrire. Oui, le 4e.
Mes trois premiers romans (Derrière la tempête, les étoiles se lèvent ! – La vie parfaite est un mythe – Derrière le déluge, le soleil brille toujours !) sont des romans feel-good contemporains, ancrés dans des histoires de vie, de famille, d’émotions et de reconstruction. L’humain était déjà au cœur du récit. Mais la technologie n’y avait pas sa place.
Avec Ce que l’on oublie de vivre, j’ai introduit pour la première fois un élément de SF — le casque NÉOMIRE, développé par la société fictive ALTIV, qui permet à Malorine d’explorer ses « Et si… ? ». Et je me suis rendu compte de quelque chose : la technologie m’enthousiasme. Elle me donne un espace narratif que le feel-good pur ne m’offre pas. Elle me permet de rendre visible ce qui est habituellement invisible : les regrets, les vies possibles, les versions de soi-même qu’on n’a jamais rencontrées.
Le mécanisme SF est au service de l’émotion. Pas l’inverse. C’est ça, la soft SF. Et c’est exactement là que je veux continuer à écrire.


Pourquoi ce genre est en pleine croissance, et pourquoi c’est le bon moment pour s’y intéresser ?
La soft Science-fiction répond à une vraie demande des lecteurs d’aujourd’hui. On vit dans un monde où la technologie s’accélère à une vitesse qui dépasse parfois notre capacité à nous y adapter. Intelligence artificielle, réseaux sociaux, neurotechnologies réelles, réalité virtuelle… Les grandes questions éthiques et existentielles arrivent avant qu’on ait eu le temps de s’y préparer. Et les lecteurs cherchent des œuvres qui les aident à penser tout ça à travers des histoires humaines et accessibles.
C’est un genre en croissance. Et je suis heureuse d’y avoir trouvé ma place, même si ça m’a pris quatre romans pour le comprendre.
Ce que ça veut dire pour la suite
J’assume désormais pleinement ce que je suis : une autrice de feel-good à coloration soft SF. Des romans ancrés dans des émotions universelles, des personnages profondément humains, et une technologie imaginaire qui sert de base pour regarder nos vies autrement.
Ce n’était pas un choix planifié, mais bien une découverte.
Ce que l’on oublie de vivre est le premier roman où cette voix s’exprime pleinement, et il ne sera pas le dernier.
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Et vous, vous connaissiez la soft SF avant de lire cet article ? Est-ce que c’est un genre qui vous attire ? Dites-moi tout en commentaire ou sur les réseaux sociaux, j’adore savoir ce que vous lisez.